La politique est-elle une affaire d’experts ?

Mathias Roux, J’ai demandé un rapport. La politique est-elle une affaire d’experts ?, Flammarion, 2011, 120 pages, 8 €
Jacques Ellul (1965), L’Illusion politique, réédition La Table ronde, 2004, 362 pages, 10 €

On a pu résumer la technique comme la recherche systématique d’efficacité, le one best way ou meilleure (et unique) manière de procéder. S’il n’y a plus qu’une option, il n’y a plus de politique. C’était le rêve de la cybernétique : entrez vos données, appuyez sur le bouton et l’ordinateur génère pour vous de la décision publique. Plus besoin de faire appel au peuple, quant aux données elles seront produites de manière professionnelle. C’est de ce déplacement de la politique, du domaine de la chose publique à celui de l’expertise, qu’examine Mathias Roux. D’abord un rêve : que le peuple a disparu de l’arène politique, que ses défauts intrinsèques (la passion, la méconnaissance des questions en jeu, le fait même d’être juge de ce qui le concerne, non mais alors !) l’ont définitivement discrédité. Démocratie = populisme = fascisme. Du côté des élites autoproclamées au contraire, on flirte de très près avec la vérité, d’où une légitimité bien plus grande à gouverner, symbolisée par un Jacques Attali qui ne consent à livrer un rapport « pour la libération de la croissance » qu’avec l’assurance que les mesures qu’il accumule seront traduites immédiatement en action publique. Immédiatement, c’est à dire sans méditation, sans examen de ces propositions dans la balance politique. [Lire la suite...]

Lutter contre le déferlement technique, samedi 7 avril

Rêvolutives vous invite à participer à une conférence-débat :

« Lutter contre le déferlement technique : des luddites aux faucheurs volontaires » avec François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine, auteur de Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique (Imho, 2009)

le samedi 7 avril 2012 à 14h, à la mairie du 2e arrondissement de Paris,

8 rue de la Banque (métro Bourse ou Bus 29).

Le développement de la technique au nom d’un progrès infini demeure la croyance la plus fermement établie de notre époque. Toute opposition au nucléaire, aux OGM, au numérique peut valoir de se faire dénoncer comme passéiste ou réactionnaire. François Jarrige, en étudiant l’histoire et le sens des résistances à la technique ainsi que ses reconfigurations contemporaines, nous propose de voir en quoi les réactionnaires sont d’abord celles et ceux qui veulent que rien ne change – c’est-à-dire que les gadgets continuent de déferler toujours plus vite – et que perdure la tyrannie technologique aux profit des intérêts capitalistes.

Livre écolo de l’année 2011

Les membres et sympathisant-e-s de Rêvolutives ont fait du livre de Jean-Claude Michéa Le Complexe d’Orphée (Flammarion, collection Climats)
leur livre de l’année 2011.

C’est la deuxième fois que nous distinguons ainsi un livre qui a marqué la réflexion des écologistes au cours de l’année passée. En 2010 nous avions apprécié La décroissance est-elle souhaitable ? (Stéphane Lavignotte, Textuel) et Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces (Franz Broswimmer, rééd. Agone).

Sélection du livre écolo de 2011

Rêvolutives vous souhaite une très bonne année 2012. Comme l’an dernier, nous vous proposons de revenir sur l’année écoulée en signalant les livres qui pour vous ont marqué 2011. Vos choix sont à envoyer à l’adresse livre2011(a)revolutives.fr : vous avez en tout trois points à attribuer à un, deux ou trois ouvrages, avant le mercredi 25 janvier à midi. La confidentialité de votre sélection est garantie, et les résultats seront dévoilés en suivant. [Lire la suite...]

Autour de trois moments de l’histoire de l’écologie

Franz Broswimmer, Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces (2002), rééd. Agone, 2010, 257 pages, 12 €
Jean-Paul Deléage, Une histoire de l’écologie, Seuil, 1991, 330 pages, 7,95 €
Fairfield Osborn, La Planète au pillage (1948), rééd. Actes Sud, 2008, 214 pages, 8,50 €

Les années 2000, au moins jusqu’à ce vendredi 11 mars 2011 qui a réveillé d’autres angoisses, ont vu le changement climatique s’installer au centre des préoccupations environnementales. Peut-être aux dépens d’autres thématiques, comme l’érosion des sols ou la crise de la biodiversité, auxquelles d’autres époques ont prêté une oreille plus attentive. L’écologie aussi connaît des modes.
La question de la pollution était ainsi centrale dans les années 1970. Le verre d’eau de René Dumont deviendrait précieux à cause des pollutions infligées aux nappes phréatiques ; le recours à l’énergie nucléaire était inacceptable en raison de la dangerosité de la dispersion des radionucléides. Si les années 1980 ont accordé un peu d’attention aux thématiques environnementales, c’est peut-être la question de la déforestation qui a suscité le plus d’intérêt, avec l’émergence de figures comme le Brésilien Chico Mendes ou la Kenyane Wangari Maathai. [Lire la suite...]

L’An 02 : on débranche tout, on réfléchit, et c’est pas triste

Le 21 décembre 2011 sort L’An 02, un outil écolo de diffusion et de partage, un passeur d’idées hors des cercles confidentiels.

Une revue qui propose à chaque numéro un dossier au traitement mosaïque, enrobé de chroniques grinçantes, de lectures in-con-tour-na-bles, de reportages militants et néanmoins sympathiques. Multipliant les formes, L’An 02 présente également des contributions graphiques en liberté et plein d’autres surprises tout en couleurs. Le tout étant incidemment destiné à sauver le monde dans les prochains mois.

L’An 02 est disponible par correspondance, par abonnement ou à l’unité, et dans des lieux de vente dont nous sommes encore en train d’établir la liste. Retrouvez-nous aussi à Lille, Chambéry, Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Rennes, Paris lors de rencontres à la découverte de la revue et de son premier dossier « Le temps qui nous fait ».

L’An 02 est une revue semestrielle de 52 pages tout en couleurs, format A4 ou à peu près (215×280), éditée par « Les ami·e·s de l’An 02 », et soutenue par Rêvolutives.
Abonnement : 10 € pour un an, soit deux numéros.
Prix public : 7 €.

Samedi 17 septembre, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau

Rêvolutives vous invite à une conférence-débat le samedi 17 septembre 2011 à 14h

Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, aux sources de l’écologie radicale du XXIème siècle

avec Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à l’Université de Strasbourg et auteur de Jacques Ellul : une pensée en dialogue et de Médias et démocratie : entre affinités électives et mutuelles suspicions.

Jacques Ellul et Bernard Charbonneau sont deux penseurs essentiels de l’écologie politique. Amis d’enfance, ils ne cesseront d’enrichir mutuellement leurs travaux malgré une divergence essentielle : la foi en Dieu. Ils développent dès les années 1930 une pensée radicale face à l’émergence de ce qu’ils désignent respectivement comme le système technicien et la Méga-machine. A l’aube du XXIème siècle, en quoi ce parcours commun éclaire-t-il le champ des possibles pour une écologie aujourd’hui à la croisée des chemins ?

A la Maison verte, 127-129 rue Marcadet, M°Lamarck ou Jules-Joffrin, Paris 18e. Entrée libre.

Autour de Cornelius Castoriadis

Rêvolutives a organisé du 11 au 13 juin 2011 en Provence un week-end d’étude de quatre aspects de l’œuvre de Cornelius Castoriadis : l’institution imaginaire de la société, le projet d’autonomie, la démocratie et la place de l’économie. Avec Antoine Chollet, politologue à l’université de Lausanne et membre de la rédaction du mensuel Pages de gauche.

Samedi 30 avril, autour de Serge Moscovici

Rêvolutives vous invite à redécouvrir la pensée de Serge Moscovici.
Psychologue social, il théorise le rôle des minorités actives comme
moteur du changement. Personnalite engagée, il est candidat du mouvement écolo aux municipales parisiennes de 1977. Moscovici est aussi l’un des
principaux theoriciens français de l’écologie, creusant la question
d’une nature recréée par l’etre humain.

Nous aborderons les differents aspects de cette oeuvre, avec
Pascal Dibie, anthropologue et editeur de De la nature (S. Moscovici,
2002),
Stephane Lavignotte, militant écologiste et théologien, auteur de La
decroissance est-elle souhaitable ?,
et en présence de Serge Moscovici (sous réserves).

Samedi 30 avril 2011 à 14h
Mairie du 2e arrondissement, 8 rue de la Banque (Mo Bourse)

Rêvolutives, groupe de reflexion sur l’écologie politique
http://revolutives.fr
contact(at)revolutives.fr

Samedi 26 février, « écologie et protectionnisme »

Penser les enjeux écologiques de notre temps sans poser la question des mécanismes économiques et sociaux à l’oeuvre n’a pas de sens. L’idée progresse en Europe de définir une politique économique qui réhabiliterait certains outils protectionnistes. Est-ce que ces outils peuvent être légitimes dans une perspective écologiste et de justice sociale ?

Rêvolutives organise une rencontre publique avec Michel Marchand, co-auteur de Ne soyons pas des écologistes benêts. Pour un protectionnisme écologique et social (Aurélien Bernier, Michel Marchand et le M’PEP, éditions Mille et une nuits, 2010),

le samedi 26 février 2011 à 14h à Paris,

à l’invitation de Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement,

salle des Expositions en mairie (8, rue de la Banque, Mo Bourse).

Entrée libre