1. Rêvolutives part d’un constat :

Les enjeux sont immenses…

… et l’écologie politique demeure dans une position marginale

Les enjeux en matière d’écologie sont plus que connus. Bornons nous à remarquer qu’ils sont à la fois immenses, compte tenu de l’ampleur de la destruction opérée par l’Homme sur son habitat, désespérants au regard des perspectives de développement des modes de production et de consommation, mais sont aussi vitaux, vitaux pour la partie la moins protégée de l’humanité puis vitaux pour l’humanité toute entière.

L’écologie politique, telle que l’on peut la définir à travers la filiation d’un ensemble d’auteurs et de penseurs et à travers un corpus d’ouvrages de référence, a toujours insisté sur les aspects économiques, sociaux, culturels mais aussi les dimensions philosophiques et morales qui entourent cette faillite des civilisations humaines.

Cornelius Castoriadis résume et synthétise cette proposition : les civilisations humaines marquées par le modèle productiviste vont dans le mur après avoir imaginé exercer une maîtrise rationnelle du monde et de la nature. Il n’y a plus d’autre choix pour l’humanité que de changer de civilisation. Elle a d’ailleurs su le faire plusieurs fois au cours de son histoire.

De l’avenir, faisons table rase.

La pensée dominante, nous dit Ellul, ne peut penser et répondre à l’angoisse humaine que dans le sens des progrès des techniques : elle ne peut prévoir que le prolongement et le perfectionnement de ce qui existe. Elle est incapable de penser la révolution sociale qui  apparaît aujourd’hui incontournable. Il nous appartient donc de proposer un nouveau paradigme, non pas un « plan B » mais l’esquisse d’un monde vivable et désirable.

Éveillés par notre catastrophisme, par notre « peur heuristique » comme l’appelle Hans Jonas, nous constatons autour de nous une indifférence polie généralisée. Nous observons que l’écologie politique est restée dans une position marginale.

Le débat écologique supporte les mêmes limites persistantes. Il n’y a pas de connaissance partagée de la pensée écologique et de son histoire ; il n’y a pas de capitalisation des outils d’analyse mis en place par nos penseurs. Les écologistes se sont enfermés dans le syndrome du poisson rouge : ils redécouvrent à chaque génération un état du monde et de la société en se perdant dans les mêmes interrogations sur leurs modes d’analyse et les mêmes questionnements sur leurs modes d’action.

L’ampleur de la tâche impose naturellement de faire partager le plus largement possible dans la société nos modèles d’analyse du réel. Non pas pour imposer des dogmes ou une idéologie mais pour orienter le débat social là où il doit nécessairement et légitimement se situer.

2. Les valeurs communes de l’écologie politique

Rêvolutives est issue de la mouvance écologiste et de la gauche alternative. Les principes d’autonomie, de solidarité et de responsabilité constituent le socle de ses valeurs. Rêvolutives inscrit sa réflexion dans une perspective autogestionnaire. Elle revendique le concept de révolution lente, qui n’est ni l’attente stérile d’un Grand Soir ni une attitude réformiste mais la diffusion d’un changement radical ancré dans la vie quotidienne.

3. L’écologie comme parole politique

Il est temps de redonner au terme écologie la valeur polysémique du mot grec de « logos ».

L’écologie décrit initialement une science du milieu vivant. S’appuyer sur une discipline scientifique était à l’origine indispensable pour marquer le sérieux d’une alerte sociale.

Mais le logos de l’écologie renvoie plus largement à l’usage de la Raison. L’écologie a une fonction de critique sociale et politique, au nom même du bon usage de la Raison. Jacques Ellul, Cornelius Castoriadis, Ivan Illich et André Gorz ont pu démonter les mécanismes « pseudo-scientifiques » des choix politiques techniciens, que ce soit dans le domaine de l’aménagement du territoire, de la médecine ou de l’énergie. Nous tenons dans nos mains une arme de critique massive dirigée contre la religion du Progrès.

Et l’éco-logos est également une parole, un verbe créateur d’espérance sociale. L’écologie est une parole des alternatives qui permettront à l’humanité de changer de cap : l’utopie ou la mort.

4. Quelle est notre part d’action ?

L’engagement de Rêvolutives est tourné vers la démocratisation et la revitalisation de la pensée écologiste. Les concepts d’analyse et d’action développés par les grands penseurs de l’écologie politique ont vocation à être popularisés et partagés par le plus grand nombre.

Rêvolutives agit dans le domaine des idées. Elle s’inscrit dans une visée humaniste.

Si elle s’adresse au plus grand nombre, Rêvolutives est aussi composée de militants qui,  engagés dans de multiples réseaux associatifs et d’action, contribuent à la circulation et la diffusion des idées. Une concorde est en effet nécessaire pour synchroniser les forces et coordonner les mouvements.

Il convient de préciser que Rêvolutives n’a pas vocation à créer une nouvelle organisation politique : agissant en espace de réflexion, nous nous fixons comme but d’éclairer des voies, de diffuser une pensée et une « théorie de la pratique » pouvant donner à toutes les actions initiées par les écologistes force et efficacité.

Rêvolutives reste donc complémentaire des autres mouvements, associations et partis écologistes institués. Elle en est aussi indépendante.