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	<title>Rêvolutives</title>
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	<description>Groupe de réflexion sur l&#039;écologie politique</description>
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		<title>La politique est-elle une affaire d’experts ?</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 16:26:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[Mathias Roux, J&#8217;ai demandé un rapport. La politique est-elle une affaire d&#8217;experts ?, Flammarion, 2011, 120 pages, 8 € Jacques Ellul (1965), L’Illusion politique, réédition La Table ronde, 2004, 362 pages, 10 € On a pu résumer la technique comme la recherche systématique d’efficacité, le one best way ou meilleure (et unique) manière de procéder. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mathias Roux, <em>J&#8217;ai demandé un rapport. La politique est-elle une affaire d&#8217;experts ?</em>, Flammarion, 2011, 120 pages, 8 €</strong><br />
<strong> Jacques Ellul (1965), <em>L’Illusion politique</em>, réédition La Table ronde, 2004, 362 pages, 10 €<br />
</strong></p>
<p>On a pu résumer la technique comme la recherche systématique d’efficacité, le<em> one best way</em> ou meilleure (et unique) manière de procéder. S’il n’y a plus qu’une option, il n’y a plus de politique. C’était le rêve de la cybernétique : entrez vos données, appuyez sur le bouton et l’ordinateur génère pour vous de la décision publique. Plus besoin de faire appel au peuple, quant aux données elles seront produites de manière professionnelle. C’est de ce déplacement de la politique, du domaine de la chose publique à celui de l’expertise, qu’examine Mathias Roux. D’abord un rêve : que le peuple a disparu de l’arène politique, que ses défauts intrinsèques (la passion, la méconnaissance des questions en jeu, le fait même d’être juge de ce qui le concerne, non mais alors !) l’ont définitivement discrédité. Démocratie = populisme = fascisme. Du côté des élites autoproclamées au contraire, on flirte de très près avec la vérité, d’où une légitimité bien plus grande à gouverner, symbolisée par un Jacques Attali qui ne consent à livrer un rapport « pour la libération de la croissance » qu’avec l’assurance que les mesures qu’il accumule seront traduites immédiatement en action publique. Immédiatement, c’est à dire sans méditation, sans examen de ces propositions dans la balance politique.<span id="more-192"></span></p>
<p>L’auteur enseigne la philosophie, et ça se sent dans le décalage du regard que prétend (mission honnêtement accomplie pour cet opus-ci) apporter la collection « Antidote », inaugurée en cette rentrée chez Flammarion. C’est moins la prétention à la vérité qui est mise à mal que l’idée même de se réclamer de la vérité dans le champ politique. A la science et à la vérité, à qui il refuse droit de cité, Mathias Roux oppose une insécurité féconde, la possibilité de se tromper qui accompagne la liberté politique dans sa recherche de la justice. Puisque le monde est trop complexe, personne ne peut être assuré de détenir à son sujet un savoir indépassable, l’expertise n’a donc pas lieu d’être, c’est à l’arbitrage politique de prendre le relais.</p>
<p>Jacques Ellul, adjoint au maire de Bordeaux à la sortie de la guerre, a tiré une conclusion plus pessimiste de la complexité des sociétés contemporaines. Il ne s’agit pas de se battre pour garder « le choix du choix », car ce n’est pas un rapport de force, la lutte des classes, mais le système technicien lui-même qui nous dépossède de l’agenda politique et nous ferme les possibles. C’est donc à ce système et à son emprise qu’il nous faut nous attaquer : l’énergie nucléaire au service de l’émancipation, c’est structurellement aussi impossible que des tracteurs dans le bocage ou des TGV qui « innervent les territoires ». Ici se situe le gouffre entre la pensée écolo, dans toutes ses ramifications, et ce qu’on appellera faute de mieux « la gauche », qui persiste à vouloir comme l’auteur régler entre être humains des affaires qui nous dépassent.</p>
<p>Aude Vidal</p>
<p>publié dans <em>L&#8217;An 02</em>, n°1, décembre 2011</p>
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		<title>Lutter contre le déferlement technique, samedi 7 avril</title>
		<link>http://www.revolutives.fr/2012/02/lutter-contre-le-deferlement-technique-samedi-7-avril/</link>
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		<pubDate>Mon, 27 Feb 2012 07:41:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>

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		<description><![CDATA[Rêvolutives vous invite à participer à une conférence-débat : &#171;&#160;Lutter contre le déferlement technique : des luddites aux faucheurs volontaires&#160;&#187; avec François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine, auteur de Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique (Imho, 2009) le samedi 7 avril 2012 à 14h, à la mairie du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rêvolutives vous invite à participer à une conférence-débat :</p>
<p>&laquo;&nbsp;<strong>Lutter contre le déferlement technique : des luddites aux faucheurs volontaires</strong>&nbsp;&raquo; avec François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine, auteur de <em>Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique</em> (Imho, 2009)</p>
<p style="text-align: left;">le <strong>samedi 7 avril 2012 à 14h</strong>, à la <strong>mairie du 2e arrondissement de Paris</strong>,</p>
<p style="text-align: left;">8 rue de la Banque (métro Bourse ou Bus 29).</p>
<p>Le développement de la technique au nom d&#8217;un progrès infini demeure la croyance la plus fermement établie de notre époque. Toute opposition au nucléaire, aux OGM, au numérique peut valoir de se faire dénoncer comme passéiste ou réactionnaire. François Jarrige, en étudiant l&#8217;histoire et le sens des résistances à la technique ainsi que ses reconfigurations contemporaines, nous propose de voir en quoi les réactionnaires sont d&#8217;abord celles et ceux qui veulent que rien ne change &#8211; c&#8217;est-à-dire que les gadgets continuent de déferler toujours plus vite &#8211; et que perdure la tyrannie technologique aux profit des intérêts capitalistes.</p>
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		<title>Livre écolo de l&#8217;année 2011</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 15:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Les membres et sympathisant-e-s de Rêvolutives ont fait du livre de Jean-Claude Michéa Le Complexe d&#8217;Orphée (Flammarion, collection Climats) leur livre de l&#8217;année 2011. C&#8217;est la deuxième fois que nous distinguons ainsi un livre qui a marqué la réflexion des écologistes au cours de l&#8217;année passée. En 2010 nous avions apprécié La décroissance est-elle souhaitable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les membres et sympathisant-e-s de Rêvolutives ont fait du livre de <strong>Jean-Claude Michéa<em> Le Complexe d&#8217;Orphée</em></strong> (Flammarion, collection Climats)<br />
leur livre de l&#8217;année 2011.</p>
<p>C&#8217;est la deuxième fois que nous distinguons ainsi un livre qui a marqué la réflexion des écologistes au cours de l&#8217;année passée. En 2010 nous avions apprécié <em>La décroissance est-elle souhaitable ? </em>(Stéphane Lavignotte,<em></em> Textuel) et <em>Une brève histoire de l&#8217;extinction en masse des espèces</em> (Franz Broswimmer, rééd. Agone).</p>
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		<title>Sélection du livre écolo de 2011</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 16:02:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.revolutives.fr/?p=155</guid>
		<description><![CDATA[Rêvolutives vous souhaite une très bonne année 2012. Comme l&#8217;an dernier, nous vous proposons de revenir sur l&#8217;année écoulée en signalant les livres qui pour vous ont marqué 2011. Vos choix sont à envoyer à l&#8217;adresse livre2011(a)revolutives.fr : vous avez en tout trois points à attribuer à un, deux ou trois ouvrages, avant le mercredi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rêvolutives vous souhaite une très bonne année 2012. Comme l&#8217;an dernier, nous vous proposons de revenir sur l&#8217;année écoulée en signalant les livres qui pour vous ont marqué 2011. Vos choix sont à envoyer à l&#8217;adresse livre2011(a)revolutives.fr : vous avez en tout trois points à attribuer à un, deux ou trois ouvrages, avant le mercredi 25 janvier à midi. La confidentialité de votre sélection est garantie, et les résultats seront dévoilés en suivant.<span id="more-155"></span></p>
<p>1-<em>L&#8217;oligarchie ça suffit, vive la démocratie</em><br />
Hervé Kempf<br />
Seuil, janvier 2011</p>
<p>2-<em>Labo planète</em><br />
Jacques Testart, Catherine Bourgain, Agnès Sinaï<br />
Fayard/Mille et une nuits, janvier 2011</p>
<p>3-<em>De la convivialité</em><br />
Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche, Patrick Viveret<br />
La Découverte, janvier 2011</p>
<p>4-<em>La France surendettée ? Une réponse écologiste</em><br />
Hervé Morel<br />
Les Petits Matins, janvier 2011</p>
<p>5-<em>La Nécessité d&#8217;une écologie radicale</em><br />
Anne Frémaux<br />
Sang de la Terre, janvier 2011</p>
<p>6-<em>Micropolitique des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives</em><br />
David Vercauteren<br />
réédition Les Prairies ordinaires, janvier 2011</p>
<p>7-<em>Principe responsabilité ou principe espérance ?</em><br />
Arno Münster<br />
Le Bord de l&#8217;eau, janvier 2011</p>
<p>8-<em>Ce à quoi nous tenons</em><br />
Émilie Hache<br />
La Découverte/Les Empêcheurs de penser en rond, janvier 2011</p>
<p>9-<em>Qui a tué l&#8217;écologie ?</em><br />
Fabrice Nicolino<br />
Les Liens qui libèrent, février 2011</p>
<p>10-<em>Le Livre noir de l&#8217;agriculture</em><br />
Isabelle Saporta<br />
Fayard, février 2011</p>
<p>11-<em>La Décroissance, une idée pour demain</em><br />
Timothée Duverger<br />
Sang de la Terre, février 2011</p>
<p>12-<em>L&#8217;Écologie des autres</em><br />
Philippe Descola<br />
Quae éditions, février 2011</p>
<p>13-<em>Deepwater Horizon</em><br />
Stéphane Ferret<br />
Seuil, février 2011</p>
<p>14-<em>Les Sentiers de l&#8217;Utopie</em><br />
Isabelle Fremeaux et John Jordan<br />
Zones, février 2011</p>
<p>15-<em>Fournier, précurseur de l&#8217;écologie</em><br />
Patrick Gominet et Danielle Fournier<br />
Cahiers dessinés, mars 2011</p>
<p>16-<em>Notre poison quotidien</em><br />
Marie-Monique Robin<br />
La Découverte, mars 2011</p>
<p>17-<em>Le Monde des êtres vivants</em><br />
Kinji Imanishi<br />
Wildproject, mars 2011</p>
<p>18-<em>Pensées de la Terre</em><br />
J. Baird Callicott<br />
Wildproject, mars 2011</p>
<p>19-<em>L&#8217;Obsolescence de l&#8217;Homme</em>, tome 2<br />
Günther Anders<br />
Fario, mars 2011</p>
<p>20-<em>Vers une société d&#8217;abondance frugale</em><br />
Serge Latouche<br />
Fayard/Mille et une nuits, avril 2011</p>
<p>21-<em>Pour en finir avec ce vieux monde. Les Chemins de la transition</em><br />
Collectif<br />
Utopia, avril 2011</p>
<p>22-<em>Plus un poisson d&#8217;ici 30 ans ? Surpêche et désertification des océans</em><br />
Stéphane Beaucher<br />
Les Petits Matins, mai 2011</p>
<p>23-<em>Écosocialisme. L&#8217;Alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste</em><br />
Michael Löwy<br />
Fayard/Mille et une nuits, juin 2011</p>
<p>24-<em>La Vérité sur le nucléaire</em><br />
Corinne Lepage<br />
Albin Michel, juin 2011</p>
<p>25-<em>Le Vrai Scandale des gaz de schiste</em><br />
François Veillerette et Marine Jobert<br />
Les Liens qui libèrent, août 2011</p>
<p>26-<em>Marx écologiste</em><br />
John Bellamy Foster<br />
Amsterdam, septembre 2011</p>
<p>27-<em>Éléments pour une éthique de la vulnérabilité</em><br />
Corine Pelluchon<br />
Cerf, septembre 2011</p>
<p>28-<em>Hold-Up sur l&#8217;écologie. Les Fossoyeurs de l&#8217;écologie au chevet de la planète</em><br />
Stéphen Kerckhove<br />
Yves Michel, septembre 2011</p>
<p>29-<em>La Dictature du carbone</em><br />
Frédéric Denhez<br />
Fayard, septembre 2011</p>
<p>30-<em>Le Complexe d&#8217;Orphée</em><br />
Jean-Claude Michéa<br />
Flammarion/Climats, octobre 2011</p>
<p>31-<em>En finir avec le nucléaire. Pourquoi et comment</em><br />
Benjamin Dessus et Bernard Laponche<br />
Seuil, octobre 2011</p>
<p>32-<em>Petit Bréviaire écolo</em><br />
Wilfried Séjeau et Erwan Lecoeur<br />
Les Petits Matins, octobre 2011</p>
<p>33-<em>Nucléaire, idées reçues et scénarios de sortie</em><br />
Collectif<br />
Utopia, novembre 2011</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Autour de trois moments de l&#8217;histoire de l&#8217;écologie</title>
		<link>http://www.revolutives.fr/2012/01/197/</link>
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		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[Franz Broswimmer, Une brève histoire de l&#8217;extinction en masse des espèces (2002), rééd. Agone, 2010, 257 pages, 12 € Jean-Paul Deléage, Une histoire de l&#8217;écologie, Seuil, 1991, 330 pages, 7,95 € Fairfield Osborn, La Planète au pillage (1948), rééd. Actes Sud, 2008, 214 pages, 8,50 € Les années 2000, au moins jusqu&#8217;à ce vendredi 11 mars 2011 qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><strong>Franz Broswimmer, <em>Une brève histoire de l&#8217;extinction en masse des espèces</em> (2002), rééd. Agone, 2010, 257 pages, 12 €</strong><br />
<strong>Jean-Paul Deléage, <em>Une histoire de l&#8217;écologie</em>, Seuil, 1991, 330 pages, 7,95 €</strong><br />
<strong>Fairfield Osborn, <em>La Planète au pillage</em> (1948), rééd. Actes Sud, 2008, 214 pages, 8,50 €</strong></p>
<p>Les années 2000, au moins jusqu&#8217;à ce vendredi 11 mars 2011 qui a réveillé d&#8217;autres angoisses, ont vu le changement climatique s&#8217;installer au centre des préoccupations environnementales. Peut-être aux dépens d&#8217;autres thématiques, comme l&#8217;érosion des sols ou la crise de la biodiversité, auxquelles d&#8217;autres époques ont prêté une oreille plus attentive. L&#8217;écologie aussi connaît des modes.<br />
La question de la pollution était ainsi centrale dans les années 1970. Le verre d&#8217;eau de René Dumont deviendrait précieux à cause des pollutions infligées aux nappes phréatiques ; le recours à l&#8217;énergie nucléaire était inacceptable en raison de la dangerosité de la dispersion des radionucléides. Si les années 1980 ont accordé un peu d&#8217;attention aux thématiques environnementales, c&#8217;est peut-être la question de la déforestation qui a suscité le plus d&#8217;intérêt, avec l&#8217;émergence de figures comme le Brésilien Chico Mendes ou la Kenyane Wangari Maathai. <span id="more-197"></span>Un auteur comme Fairfield Osborn, qui écrit juste après la catastrophe écologique du Dust Bowl <strong>(1)</strong>, accorde en 1948 de longs chapitres à l&#8217;érosion des sols : si l&#8217;élevage prédomine dans les paysages ruraux, comme ce fut le cas en Espagne à l&#8217;ère classique, les plantes aux systèmes racinaires assez profonds pour retenir les terres agricoles disparaissent, mangées par les troupeaux, et les terres ruissellent dans les océans, ne laissant plus que poussière dans des paysages ravagés. En 1991, Jean-Paul Deléage décrit cette entropie, ou tension d&#8217;un système vers le chaos, qui érode inexorablement les terres. Elle ne peut être que ralentie par la présence de forêts, d&#8217;une végétation adaptée, et il met l&#8217;accent sur les dangers de la déforestation, qui peut au contraire aggraver l&#8217;érosion naturelle.<br />
Ces tendances, plutôt que des approches étroites se faisant concurrence, sont autant de portes d&#8217;entrées dans une maison (la nôtre) où tout se tient, tout est lié, et dont les équilibres écosystémiques sont attaqués de partout : notre consommation effrénée d&#8217;énergies fossiles provoque un changement climatique qui perturbe les écosystèmes et les espèces qui y vivent, ce changement étant accentué par des pratiques agricoles ou une déforestation qui, outre la production de gaz à effet de serre, intensifie l&#8217;érosion des sols et la désertification&#8230; Il n&#8217;y a qu&#8217;à choisir le bout par lequel on démêlera la pelote.</p>
<p>Dernier en date à proposer une histoire de l&#8217;écologie et un ambitieux état des lieux dans un bouquin grand public <strong>(2)</strong>, Franz Broswimmer adopte l&#8217;angle de la disparition de la grande faune. Et depuis cette porte d&#8217;entrée, il déroule une impressionnante histoire du monde, qui court de l&#8217;extinction de la mégafaune australienne autour de 50.000 av. JC aux désastres d&#8217;une déforestation encouragée par la Banque mondiale, en passant par les exploits douteux de Buffalo Bill, tueur de bisons et affameur de populations locales. La déforestation (pour le chauffage et la construction de logements, de bâtiments somptuaires ou de bateaux) et la surexploitation agricole non seulement détruisent l&#8217;habitat de la faune, mais encore bousculent le cycle de l&#8217;eau. Ajouter à cela une chasse excessive, c&#8217;est le <em>modus operandi</em> idéal pour attenter aussi bien à la diversité de la faune qu&#8217;aux conditions environnementales de la survie des sociétés.<br />
Les contempteurs/rices les plus obtu-e-s du capitalisme mondialisé, les amoureux/ses des bons sauvages, les nostalgiques d&#8217;une époque où c&#8217;était beaucoup mieux, tout-e-s risquent d&#8217;être déçu-e-s par cette <em>Brève Histoire</em> qui bouscule quelques idées reçues. Non, les chasseurs-cueilleurs n&#8217;ont pas forcément vécu en harmonie avec la nature : aussi bien les Aborigènes que les Indien-ne-s d&#8217;Amérique du Nord ont su décimer 95 % de leur grande faune et dégrader leur environnement au point que celui-ci ne se compose plus que de plaines inhospitalières ; les hommes préhistoriques n&#8217;ont pas été de reste en Europe, et on a découvert des charniers où la viande de milliers d&#8217;animaux a pourri aussi inutilement que les bisons décimés par les capitalistes américains du XIXe siècle. Non, la tension démographique n&#8217;est pas une raison essentielle de la dégradation de l&#8217;environnement, comme l&#8217;annonce Jared Diamond. C&#8217;est plutôt le rapport de l&#8217;être humain à la nature qui est en jeu, et le rapport des êtres humains entre eux.<br />
Avec l&#8217;abandon de ses rites les plus en phase avec la nature, la Rome antique développe une <em>hubris</em> comparable à celle de Descartes et Newton. L&#8217;existence de surplus, de richesses non-nécessaires, établit souvent une classe privilégiée qui exerce sa domination sur les autres classes, paysan-ne-s, artisan-e-s, exigeant l&#8217;accroissement infini des surplus, poussant à la surproduction ou à l&#8217;exploitation des ressources naturelles au-delà de la capacité de régénération du milieu. La guerre, domination ultime, est abondamment décrite par Broswimmer comme l&#8217;occasion des pires prédations. Pour sa préparation d&#8217;abord : la marine athénienne rase les forêts environnantes pour construire ses bateaux ; les armées modernes consomment terres, carburants et budgets publics dans des proportions qu&#8217;on préfère souvent oublier. Mais la guerre elle-même s&#8217;accompagne depuis des siècles d&#8217;un assaut sur les ressources environnementales des ennemi-e-s, et si le sel déposé sur les terres de Carthage détruite tient peut-être de la légende, le tapis de bombes et de napalm dont l&#8217;armée US a recouvert le Vietnam est l&#8217;exemple le plus emblématique de l&#8217;écocide à l&#8217;échelle d&#8217;un pays.<br />
Broswimmer décrit cette violence, consciente ou non, sur l&#8217;environnement dans un continuum impeccable. Les grandes tendances sont les mêmes dans l&#8217;histoire des sociétés qu&#8217;il décrit <strong>(3)</strong>, mais le changement de rythme introduit par le capitalisme et le progrès technique est bien visible. Les exemples antiques emblématiques (Mésopotamie, Athènes, Rome, le Chaco, l&#8217;empire Maya, l&#8217;île de Pâques) sont bien documentés dans le second chapitre. Mais trois chapitres sur cinq sont au total consacrés aux écocides capitalistes, de l&#8217;Europe du XVe siècle jusqu&#8217;à la dictature du FMI et de la Banque mondiale, et ils s&#8217;attachent autant aux structures sociales qu&#8217;à un imaginaire scientiste et « progressiste ». On comprend l&#8217;intérêt pour la maison d&#8217;édition Agone, spécialisée dans une histoire sociale critique (de Chomsky à Howard Zinn, en passant par Jean-Pierre Berlan, auteur de <em>La Guerre au vivant</em> et de la préface de cette édition), de se pencher pour une fois sur la question écolo en donnant au public français une belle seconde chance de découvrir le travail de Franz Broswimmer.</p>
<p>Aude Vidal</p>
<p>publié dans <em>L&#8217;An 02</em>, n°1, décembre 2011</p>
<p><strong>(1)</strong> Une série de tempêtes de poussière sur le continent nord-américain dans les années 1930, qui contribue au moins autant que la dépression à jeter sur les routes des fermiers privés de terres, littéralement envolées.<br />
<strong>(2)</strong> L&#8217;édition de 2010 du livre de Broswimmer vient après le best-seller de Jared Diamond, <em>Effondrement</em> (Gallimard, 2006), mais il a été publié avant, tant aux USA qu&#8217;en France (première édition française par Parangon en 2003, sous le titre <em>Écocide. Une brève histoire de l&#8217;extinction en masse des espèces</em>).<br />
<strong>(3)</strong> On peut regretter que, faisant le journal des mauvaises nouvelles, il passe sous silence les sociétés qui ont respecté leur environnement, laissant malgré lui l&#8217;image (anthropologiquement fausse) d&#8217;une « nature humaine » décidément mauvaise&#8230;</p>
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		<title>L&#8217;An 02 : on débranche tout, on réfléchit, et c&#8217;est pas triste</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Dec 2011 08:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 21 décembre 2011 sort L’An 02, un outil écolo de diffusion et de partage, un passeur d’idées hors des cercles confidentiels. Une revue qui propose à chaque numéro un dossier au traitement mosaïque, enrobé de chroniques grinçantes, de lectures in-con-tour-na-bles, de reportages militants et néanmoins sympathiques. Multipliant les formes, L’An 02 présente également des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 21 décembre 2011 sort <em>L’An 02</em>, un outil écolo de diffusion et de partage, un passeur d’idées hors des cercles confidentiels.</p>
<p>Une revue qui propose à chaque numéro un dossier au traitement mosaïque, enrobé de chroniques grinçantes, de lectures in-con-tour-na-bles, de reportages militants et néanmoins sympathiques. Multipliant les formes, <em>L’An 02</em> présente également des contributions graphiques en liberté et plein d’autres surprises tout en couleurs. Le tout étant incidemment destiné à sauver le monde dans les prochains mois.</p>
<p><em>L’An 02</em> est disponible par correspondance, par abonnement ou à l’unité, et dans des lieux de vente dont nous sommes encore en train d’établir la liste. Retrouvez-nous aussi à Lille, Chambéry, Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Rennes, Paris lors de rencontres à la découverte de la revue et de son premier dossier <a href="http://www.lan02.org/2011/12/numero-en-cours-1-le-temps-qui-nous-fait/">« Le temps qui nous fait »</a>.</p>
<p><em>L’An 02</em> est une revue semestrielle de 52 pages tout en couleurs, format A4 ou à peu près (215×280), éditée par « Les ami·e·s de l’An 02 », et soutenue par Rêvolutives.<br />
Abonnement : 10 € pour un an, soit deux numéros.<br />
Prix public : 7 €.</p>
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		<title>Samedi 17 septembre, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Aug 2011 07:14:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>

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		<description><![CDATA[Rêvolutives vous invite à une conférence-débat le samedi 17 septembre 2011 à 14h Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, aux sources de l’écologie radicale du XXIème siècle avec Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à l’Université de Strasbourg et auteur de Jacques Ellul : une pensée en dialogue et de Médias et démocratie : entre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rêvolutives vous invite à une conférence-débat le<strong> samedi 17 septembre 2011 à 14h</strong></p>
<p><strong>Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, aux sources de l’écologie radicale du XXIème siècle</strong></p>
<p>avec Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à l’Université de Strasbourg et auteur de <em>Jacques Ellul : une pensée en dialogue</em> et de <em>Médias et démocratie : entre affinités électives et mutuelles suspicions</em>.</p>
<p><strong>Jacques Ellul</strong> et <strong>Bernard Charbonneau</strong> sont deux penseurs essentiels de l’écologie politique. Amis d’enfance, ils ne cesseront d’enrichir mutuellement leurs travaux malgré une divergence essentielle : la foi en Dieu. Ils développent dès les années 1930 une pensée radicale face à l’émergence de ce qu’ils désignent respectivement comme le système technicien et la Méga-machine. A l’aube du XXIème siècle, en quoi ce parcours commun éclaire-t-il le champ des possibles pour une écologie aujourd&#8217;hui à la croisée des chemins ?</p>
<p>A la Maison verte, 127-129 rue Marcadet, M°Lamarck ou Jules-Joffrin, Paris 18e. Entrée libre.</p>
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		<title>Autour de Cornelius Castoriadis</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jun 2011 15:02:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rêvolutives a organisé du 11 au 13 juin 2011 en Provence un week-end d&#8217;étude de quatre aspects de l’œuvre de Cornelius Castoriadis : l&#8217;institution imaginaire de la société, le projet d&#8217;autonomie, la démocratie et la place de l&#8217;économie. Avec Antoine Chollet, politologue à l&#8217;université de Lausanne et membre de la rédaction du mensuel Pages de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rêvolutives a organisé du 11 au 13 juin 2011 en Provence un week-end d&#8217;étude de quatre aspects de l’œuvre de Cornelius Castoriadis : l&#8217;institution imaginaire de la société, le projet d&#8217;autonomie, la démocratie et la place de l&#8217;économie. Avec Antoine Chollet, politologue à l&#8217;université de Lausanne et membre de la rédaction du mensuel <a href="http://www.pagesdegauche.ch">Pages de gauche</a>.</p>
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		<title>Samedi 30 avril, autour de Serge Moscovici</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Apr 2011 15:29:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>

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		<description><![CDATA[Rêvolutives vous invite à redécouvrir la pensée de Serge Moscovici. Psychologue social, il théorise le rôle des minorités actives comme moteur du changement. Personnalite engagée, il est candidat du mouvement écolo aux municipales parisiennes de 1977. Moscovici est aussi l&#8217;un des principaux theoriciens français de l&#8217;écologie, creusant la question d&#8217;une nature recréée par l&#8217;etre humain. Nous aborderons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">Rêvolutives vous invite à redécouvrir la pensée de Serge Moscovici.<br />
Psychologue social, il théorise le rôle des minorités actives comme<br />
moteur du changement. Personnalite engagée, il est candidat du mouvement écolo aux municipales parisiennes de 1977. Moscovici est aussi l&#8217;un des<br />
principaux theoriciens français de l&#8217;écologie, creusant la question<br />
d&#8217;une nature recréée par l&#8217;etre humain.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous aborderons les differents aspects de cette oeuvre, avec<br />
Pascal Dibie, anthropologue et editeur de <em>De la nature</em> (S. Moscovici,<br />
2002),<br />
Stephane Lavignotte, militant écologiste et théologien, auteur de <em>La</em><br />
<em>decroissance est-elle souhaitable ?</em>,<br />
</span><span style="color: #000000;">et en présence de Serge Moscovici (sous réserves).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Samedi 30 avril 2011 à 14h<br />
Mairie du 2e arrondissement, 8 rue de la Banque (Mo Bourse)</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Rêvolutives, groupe de reflexion sur l&#8217;écologie politique<br />
<a href="http://revolutives.fr/" target="_blank">http://revolutives.fr</a><br />
contact(at)revolutives.fr</span></p>
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		<title>Samedi 26 février, &#171;&#160;écologie et protectionnisme&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.revolutives.fr/2011/02/samedi-26-fevrier-ecologie-et-protectionnisme/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Feb 2011 19:56:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>aude</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>

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		<description><![CDATA[Penser les enjeux écologiques de notre temps sans poser la question des mécanismes économiques et sociaux à ﻿﻿﻿﻿﻿l&#8217;oeuvre n&#8217;a pas de sens. L&#8217;idée progresse en Europe de définir une politique économique qui réhabiliterait certains outils protectionnistes. Est-ce que ces outils peuvent être légitimes dans une perspective écologiste et de justice sociale ? Rêvolutives organise une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Penser les enjeux écologiques de notre temps sans poser la question des mécanismes économiques et sociaux à ﻿﻿﻿﻿﻿l&#8217;oeuvre n&#8217;a pas de sens. L&#8217;idée progresse en Europe de définir une politique économique qui réhabiliterait certains outils protectionnistes. Est-ce que ces outils peuvent être légitimes dans une perspective écologiste et de justice sociale ?</p>
<p>Rêvolutives organise une rencontre publique avec <strong>Michel Marchand</strong>, co-auteur de <em>Ne soyons pas des écologistes benêts. Pour un protectionnisme écologique et social</em> (Aurélien Bernier, Michel Marchand et le M&#8217;PEP, éditions Mille et une nuits, 2010),</p>
<p>le <strong>samedi 26 février 2011</strong> à 14h à Paris,</p>
<p>à l&#8217;invitation de Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement,</p>
<p>salle des Expositions en mairie (8, rue de la Banque, Mo Bourse).</p>
<p>Entrée libre</p>
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