Sélection du livre écolo 2012

Rêvolutives vous souhaite une très bonne année 2013.
Comme l’an dernier, nous vous proposons de revenir sur l’année écoulée en
désignant les livres sur l’écologie qui, pour vous, ont marqué 2012. [Lire la suite...]

Pour une éthique de la vulnérabilité: quelle relation à la nature et aux animaux ?

Samedi 16 février 2013 à 14h30, à la mairie du 2ème arrondissement de Paris (Métro Bourse)

Conférence-débat en présence de Corine Pelluchon, maître de conférences de philosophie à l’université de Poitiers, qui nous propose ici un échange privilégié autour de son livre Eléments pour une éthique de la vulnérabilité (Cerf, 2011).

La publication de son ouvrage a fait figure d’appel à la mobilisation de la philosophie sur la thématique de l’écologie, remettant en question l’idée d’une opposition entre écologie et humanisme et invitant à compléter la démocratie représentative ainsi que la conception du sujet et de la socialité qui est au fondement du contractualisme sous sa forme actuelle. Elle conclut par une éthique de la vulnérabilité qui est une philosophie du sujet fondée sur notre responsabilité à l’égard de nos semblables, mais aussi de la nature et des autres vivants.

Rêvolutives vous invite à en débattre!

Les mondes agricoles face à la financiarisation de l’économie: quel avenir?

Samedi 12 janvier 2013 à 14h30, mairie du 2ème arrondissement de Paris
8, rue de la Banque (Métro Bourse)

Débat en présence de M. François Purseigle, ingénieur en agriculture, maître de conférences, spécialiste de l’engagement et du comportement syndical et politique des agriculteurs français. [Lire la suite...]

Politiques publiques: quelles alternatives locales au capitalisme vert?

Samedi 8 décembre 2012 à 14h30, mairie du 2ème arrondissement de Paris
8, rue de la Banque (Métro Bourse)

Débat en présence de M. Jacques BOUTAULT, maire du IIème arrondissement de Paris, et de M. Nicolas MORTAS, association worgamic*, www.worgamic.org/

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L’Illusion politique

Les 30 juin et 1er juillet, Rêvolutives s’est réunie pour un week-end de réflexion autour de L’Illusion politique, l’ouvrage de Jacques Ellul. Cette rencontre donnera lieu à la rédaction d’un texte dans la chronique « Ce vieux livre jauni a d’l’idée » de la revue L’An 02.

L’Horreur managériale. Gérer, instrumentaliser, détruire

Étienne Rodin, L’Horreur managériale. Gérer, instrumentaliser, détruire, L’Échappée, 2011, 128 pages, 10,20 €

Le titre de ce court essai d’Étienne Rodin a la tonalité d’un réquisitoire. L’auteur, fort de son expérience de consultant, dissèque avec précision les modes managériales qui font florès dans les grands groupes, qu’ils soient privés ou publics : programmation neuro-linguistique, théorie de l’intelligence émotionnelle, technique d’évaluation « 360° », management participatif… Toutes ces pratiques managériales érigées en discipline scientifique par la caste des consultant·e·s et expert·e·s en organisation constitueraient le moyen le plus efficace de gérer collectifs de travail et projets pour atteindre la sacro-sainte efficience. Comprendre : comment faire toujours plus avec toujours moins. [Lire la suite...]

La politique est-elle une affaire d’experts ?

Mathias Roux, J’ai demandé un rapport. La politique est-elle une affaire d’experts ?, Flammarion, 2011, 120 pages, 8 €
Jacques Ellul (1965), L’Illusion politique, réédition La Table ronde, 2004, 362 pages, 10 €

On a pu résumer la technique comme la recherche systématique d’efficacité, le one best way ou meilleure (et unique) manière de procéder. S’il n’y a plus qu’une option, il n’y a plus de politique. C’était le rêve de la cybernétique : entrez vos données, appuyez sur le bouton et l’ordinateur génère pour vous de la décision publique. Plus besoin de faire appel au peuple, quant aux données elles seront produites de manière professionnelle. C’est de ce déplacement de la politique, du domaine de la chose publique à celui de l’expertise, qu’examine Mathias Roux. D’abord un rêve : que le peuple a disparu de l’arène politique, que ses défauts intrinsèques (la passion, la méconnaissance des questions en jeu, le fait même d’être juge de ce qui le concerne, non mais alors !) l’ont définitivement discrédité. Démocratie = populisme = fascisme. Du côté des élites autoproclamées au contraire, on flirte de très près avec la vérité, d’où une légitimité bien plus grande à gouverner, symbolisée par un Jacques Attali qui ne consent à livrer un rapport « pour la libération de la croissance » qu’avec l’assurance que les mesures qu’il accumule seront traduites immédiatement en action publique. Immédiatement, c’est à dire sans méditation, sans examen de ces propositions dans la balance politique. [Lire la suite...]

Un geste pour la planète. Peut-on ne pas être écolo ?

Samuel Pelras, Un geste pour la planète. Peut-on ne pas être écolo ?
« Antidote » Flammarion, 2012, 120 pages, 8 €

Rire sur le dos des écolos, rien de plus facile. On le faisait déjà dans les années 70, qui sont ces huluberlus avec leurs fromages de chèvre, non mais, ça fusait de l’extrême gauche au public conventionnel. Aujourd’hui l’exercice est devenu d’autant plus délectable que l’écologie s’est imposée dans le courant dominant… à moins que ce ne soit le contraire ? Samuel Pelras ne s’inquiète guère d’analyser en profondeur cette colonisation croisée, il dézingue tous azimuts. Et on se marre. Alors certes, on aurait aimé qu’il fasse un peu de tri au lieu de mélanger dans sa poubelle les éco-citoyen·ne·s satisfait·e·s de l’aliénation consumériste (mais bio !) et les écolos pour qui l’autonomie est au cœur d’une vie désirable ; qu’il fasse sérieusement la part du politique et celle du religieux… prosélytisme et martyrologie ne sont en effet pas étrangers au mode de vie écolo. [Lire la suite...]

Down is the New Up

Marine Le Pen !! Nan, nan, mais Marine Le Pen ! Nan, mais, tu le crois pas ?! Tu le crois pas, putain ?!

par Makekazzo, chronique parue dans L’An 02, n°1

« Je pense que le Front national, s’il fut un jour un parti d’extrême droite, est aujourd’hui un grand parti populaire » (1). Quel meilleur service rendre à Marine Le Pen que de la taxer de « populiste » ? Certes, « populiste », ça va plus vite à dire que « ultra-droite nationaliste », et ça permet d’éviter le dépôt de plainte qu’entraînent les qualificatifs « fasciste » ou même « extrême droite » – tant il est vrai que le FN aime débattre avec ses adversaires dans les prétoires… Seulement, on le voit bien, utiliser ce label, c’est participer de la stratégie de dédiabolisation qui caractérise la reprise en main du business paternel par la benjamine (« clone absolu de son père avec des cheveux », selon le mot de Pierrette, la maman). Mais, surtout, cela pose bien des problèmes symboliques… C’est d’abord un détournement sémantique du « populisme » originel, celui des mouvements agrariens américains et russes de la fin du XIXe siècle, qui était, lui, plutôt progressiste ; cela dénote, par ailleurs, une certaine prolophobie, à savoir le préjugé, typique des élites libérales, selon lequel les classes populaires seraient irrémédiablement racistes, sexistes et provinciales (2) ; enfin, cela masque, derrière un terme qui désigne l’appel au peuple et la critique des élites – toutes choses parfaitement légitimes en démocratie –, l’essentiel du corpus idéologique de ce parti, à savoir son nationalisme ethniciste, son autoritarisme sécuritaire et son conservatisme vis-à-vis de toutes les formes traditionnelles de domination (économique, ethnoculturelle, patriarcale, hétérosexiste, etc.) (3). [Lire la suite...]

Lutter contre le déferlement technique, samedi 7 avril

Rêvolutives vous invite à participer à une conférence-débat :

« Lutter contre le déferlement technique : des luddites aux faucheurs volontaires » avec François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine, auteur de Face au monstre mécanique. Une histoire des résistances à la technique (Imho, 2009)

le samedi 7 avril 2012 à 14h, à la mairie du 2e arrondissement de Paris,

8 rue de la Banque (métro Bourse ou Bus 29).

Le développement de la technique au nom d’un progrès infini demeure la croyance la plus fermement établie de notre époque. Toute opposition au nucléaire, aux OGM, au numérique peut valoir de se faire dénoncer comme passéiste ou réactionnaire. François Jarrige, en étudiant l’histoire et le sens des résistances à la technique ainsi que ses reconfigurations contemporaines, nous propose de voir en quoi les réactionnaires sont d’abord celles et ceux qui veulent que rien ne change – c’est-à-dire que les gadgets continuent de déferler toujours plus vite – et que perdure la tyrannie technologique aux profit des intérêts capitalistes.